Farter ses skis reste, pour beaucoup de randonneurs, la corvée qu’on repousse au dernier moment. Fer chaud, raclage, décapage, poils du chien dans le garage : le rituel n’a quasiment pas changé depuis vingt ans. MountainFLOW, fabricant américain connu pour ses farts végétaux sans PFAS, propose une alternative : un appareil à infrarouge censé remplacer le fer. Le magazine américain Off-Piste Mag l’a testé au printemps dernier et voici ce qu’on peut en retenir, et ce qui reste à vérifier avant de s’enthousiasmer.
Le principe : chauffer sans contact
Le protocole tient en trois étapes : on applique le fart en couche fine directement sur la semelle, on passe l’appareil infrarouge à environ 5 centimètres de la surface, puis on répète l’opération deux à trois fois selon les conditions. Différence notable avec le fer : pas de raclage ni de décapage intensif à la fin. Le fart est absorbé plutôt qu’étalé sous pression, ce qui change la logique même du geste.
Sur le papier, l’idée n’est pas absurde. Le fer chaud a toujours été un compromis : il faut assez de chaleur pour faire pénétrer le fart, mais pas trop pour ne pas brûler la base. L’infrarouge chauffe différemment, de façon plus diffuse, ce qui explique l’absence de raclage nécessaire en fin de process.

Ce que nous y gagnons, sur le papier
L’article d’Off-Piste Magazine, signé Dave Waag, est plutôt élogieux sans être promotionnel. Les arguments avancés décrivent une consommation de fart nettement réduite, un geste plus rapide une fois la routine acquise, l’absence de coulures et de débris de fart au sol, et enfin la suppression pure et simple de l’étape de raclage qui est la plus fastidieuse pour beaucoup de skieurs, dont je fais partie. La formule qui résume son avis : « ce n’est pas un gadget ».
Mais ce nouvel outillage s’adresse a un public précis car ce n’est pas un outil pensé pour le skieur qui fart deux fois par saison. C’est un investissement pour qui fart régulièrement, sur plusieurs paires, et qui a la place et l’envie d’installer un poste de fartage dédié.
Ce qui limite encore l’outil
Trois réserves ressortent du test. D’abord le prix : environ 400 dollars (~350€) pour l’ensemble du kit complet, appareil et support inclus. Ensuite l’encombrement : contrairement à un fer qu’on range dans un tiroir, l’IR Waxer suppose un établi dédié car cela prend beaucoup de place. Il est toutefois possible de se passer de l’établi dédié mais cela nécessitera une courbe d’apprentissage : le fart dur, en particulier, serait difficile à répartir uniformément avec cette méthode au début, avant que le geste ne se rode.
Ces réserves ne ressortent que d’un seul test disponible actuellement en ligne, il serait intéressant de pouvoir en savoir plus, notamment si ce produit sera disponible en europe prochainement.
Un outil de spécialiste, pas encore une révolution du garage
Reste une question de fond : est-ce que ça vaut le coup pour un randonneur qui fart trois ou quatre paires de skis par saison, contre une quinzaine pour un loueur ou un atelier ? À ce stade, rien n’indique que l’infrarouge change la donne pour l’usage occasionnel. L’argument écologique de MountainFLOW, la marque étant positionnée sur les farts végétaux sans PFAS depuis plusieurs années, n’est d’ailleurs pas central : l’accent est mis sur l’efficacité et le confort d’usage, pas sur l’impact environnemental du geste.
Ainsi, même s’il est toujours intéressant de voir de nouvelles méthodes de fartage arriver, il reste difficile, avec une seule source et un produit pas encore croisé sur le marché européen, de trancher. Ce qui est certain, c’est que le fartage reste un des rares gestes du skieur où la technique n’a quasiment pas évolué depuis des décennies. Que ce soit cet outil ou un autre qui la fasse bouger, ça vaut le coup de garder un œil dessus.


