Pedals to Powder : le vélo comme accès aux ski fields Néo-Zélandais

Un documentaire néo-zélandais suit deux femmes qui relient à vélo tous les domaines skiables du pays en une saison. Derrière le récit d’aventure, il filme une culture du ski associatif et minimaliste que j’ai eu la chance de connaître de l’intérieur en 2004. L’occasion de mesurer ce qui a changé, et ce qui n’a pas bougé.

Pedals to Powder est réalisé par Nick Kowalski, documentariste basé à Christchurch, plus grande ville de l’île du sud de la Nouvelle-Zélande. Il suit deux femmes qui relèvent le défi de rejoindre à vélo tous les ski fields d’Aotearoa Nouvelle-Zélande en une seule saison, affrontant tempêtes et épuisement, avec Tara Forstner et Naomi Cranston pour protagonistes. Le format est court, vingt-huit minutes. Le film n’est pas passé inaperçu, puisqu’il a remporté la catégorie documentaire du NZ Indie Fest 2025 et figuré en sélection officielle au NZ Mountain Film Festival, avant de tourner dans une cinquantaine de lieux avec le circuit Big Bike Film Night. Son vrai sujet dépasse le vélo, puisque les deux cyclistes traversent surtout la culture du ski de base du pays et ses club fields indépendants.

Ce que j’ai connu en 2004

Ces club fields, je les ai skiés. En 2004, j’ai passé trois semaines à sillonner l’île du sud en van, de Broken River à Craigieburn en passant par Mount Olympus jusqu’à Wanaka. J’y ai découvert le ski à la kiwi dans sa version la plus brute : on monte à pied ou en peaux depuis le parking pour rejoindre le lodge, on paie son forfait, et on reçoit une pince métallique. Les remontées ne sont pas des télésièges mais des rope tows, ces cordes à la sauce années 50 que l’on remonte agrippé à un casse-noix, le fameux « nutcracker ». À Craigieburn, le moteur de la remontée était un simple tracteur logé dans une cahute, qui nous a d’ailleurs lâchés une heure en pleine journée. Voilà l’économie du ski que le film donne à voir, faite de bénévolat, d’installations rustiques et d’un accès à bas coût, aux antipodes de nos grands domaines aménagés.

L’accès, seul vrai changement

Ce qui a bougé en vingt ans n’est pas le décor mais le rapport à l’accès. J’y allais en van, et je m’offrais des déposes en hélicoptère à Wanaka sans me poser de question, comme je l’ai reconnu depuis. Deux cyclistes rejoignent désormais ces mêmes montagnes à la seule force des mollets. Le geste dit quelque chose de notre époque, et de la place qu’occupe aujourd’hui la question de notre empreinte carbone dans la pratique du ski de montagne.

Le décor n’a pas changé, la corde et le casse-noix sont probablement toujours là. C’est notre façon d’y monter qui s’interroge. Pour ceux qui voudraient retrouver l’ambiance de ces stations hors du temps, je les renvoie à mon récit de ce voyage de 2004, entre nutcracker, tempêtes et Terre du Milieu.

A rédécouvrir, le récit de mon voyage : Ski Trip en Nouvelle-Zélande, 2004