Pour 2027, le ski de rando confirme sa maturité. On sent clairement que les belles années post Covid sont maintenant bien loin : les gammes se resserrent au profit de skis plus accessibles, plus polyvalents à la recherche du plaisir à la descente. Ainsi de nombreux fabricants reconduisent leur gamme sans y apporter de changement, quand d’autres réduisent clairement la voilure.
Black crows
Un peu de nouveau chez les corbeaux certains dans la traditionnelle collection Freebird qui font peau neuve après de nombreuses années sans nouveauté. Le Navis, le Camox Freebird et l’Orb bénéficient tous d’une nouvelle construction, principalement dans le but de gagner du poids — ces skis perdent entre 180 et 200 grammes par rapport aux générations précédentes.

On note également l’apparition d’un trou arrière dans le talon pour la fixation des peaux sur le Navis et le Camox, une petite évolution qui permet de raccourcir ces dernières et contribue à l’allègement global du ski. Le Navis Freebird gagne en modernité et troque son caractère un brin exclusif contre une polyvalence bien plus convaincante — de quoi élargir son cercle d’adeptes.

ATK
ATK peaufine sa Crest, la fixation de rando qui a déjà fait ses preuves sur les pentes. Au programme : un système de verrouillage/déverrouillage des freins encore plus intuitif. L’ergonomie passe au niveau supérieur, simple et lisible du premier coup d’œil.
Mais ce n’est pas tout : la marque italienne lâche également une flopée de nouveaux coloris pour la saison prochaine. De quoi assortir ses fixations à son style et son goût.

Fischer
Fischer prend un virage assumé cette saison, et le Transalp 92 cti et son grand frère le Transalp 98 cti incarnent parfaitement cette nouvelle direction. La surprise ? Malgré leur largeur, ces deux-là se montrent étonnamment accessibles à la prise en main. Ça tient le pavé, ça renvoie une belle énergie en fin de courbe, et on sent une vraie évolution de caractère par rapport aux générations précédentes, une touche plus joueuse qui fait plaisir à skier. Deux modèles polyvalents qui s’intègrent naturellement dans une pratique variée, aussi bien à l’aise sur la trace qu’en dehors des sentiers battus.

À noter également : la gamme Hannibal tire sa révérence. Fischer resserre les rangs et concentre désormais son offre ski de rando autour de la gamme Transalp. Une rationalisation qui a le mérite d’être claire.
Autre grosse nouveauté en 2027 chez Fischer avec un ski atypique dénommé le Nothing. Fischer repart sur les bases du succès de la gamme Ranger pour nous livrer quelque chose de résolument plus freestyle avec ce nouveau modèle. Le Nothing, et le nom ne doit rien au hasard, adopte un flex plus souple sur toute la longueur, et particulièrement en spatule et en talon, pour s’épanouir pleinement dans la neige molle et rendre le ski créatif. Les 110mm au patin ? Un choix validé des deux mains, parfaitement en phase avec la construction.

Mais là où le Nothing se démarque vraiment de la masse des skis à poudre mollassons, c’est dans sa forme directionnelle. On obtient ainsi un équilibre bienvenu entre surf décontracté, virage neutre et attaque franche, un ski qui ne vous enferme pas dans un style unique mais qui s’adapte au terrain et à l’humeur du moment. Extrêmement intuitif, il laisse le skieur aux commandes et lui permet de dicter son propre style. Une très belle carte blanche sous les pieds.
Scarpa
La marque italienne lève le voile sur une refonte majeure de sa F1, l’une de ses valeurs sûres sur le marché de la chaussure de rando. Il faut dire que le modèle commençait à accuser le poids des années face à une concurrence qui a évolué également.
La nouvelle F1 RS garde l’ADN qui a fait le succès de son aînée : une chaussure polyvalente, bien équilibrée entre confort de montée et efficacité à la descente. Mais les évolutions sont nombreuses et bienvenues. La construction portefeuille améliore la skiabilité, tandis que le collier s’offre enfin une vraie boucle en haut : exit le strap du modèle précédent.
Un strap booster fait son apparition pour une meilleure transmission des appuis, et le système Boa Hi+1 qu’on a vu débarquer sur le marché alpin ces deux dernières années. Celui-ci est désormais intégré directement sur le collier. La pince talon a également été revue, et Scarpa a poussé le souci du détail jusqu’à développer un chausson Intuition spécifique pour ce modèle. Le débattement, lui, reste à 62°, ce qui laisse toujours une belle liberté de mouvement en montée.
Il faudra compter 719€ pour une chaussure qui vise clairement le haut du panier sur ce segment.

Scarpa joue une autre carte en 2027 avec la Maestrale. Pas de révolution visuelle car le moule ne change pas, mais une évolution qui se passe à l’intérieur : la coque Pebax laisse sa place à du polyuréthane. Derrière ce changement de matière, une intention claire : gagner en confort et en progressivité. La contrepartie ? Quelques grammes supplémentaires sur la balance, mais rien de bien méchant. La largeur, elle, reste inchangée à 102mm aux métatarses.
Du côté de la Maestrale RS, en revanche, on reste fidèle au Pebax que les puristes de la légèreté apprécieront. Et bonne nouvelle : la version RS passe à 4 crochets, abandonnant le système deux crochets et crémaillère des générations précédentes. Une évolution discrète mais qui devrait simplifier la vie au chaussage, notamment quand les doigts sont frigorifiés au départ d’une trace.
Ortovox
Ortovox débarque avec un nouveau DVA pour la saison prochaine, et la marque ne repart pas de zéro. Le concept qui a fait le succès du Diract Voice, à savoir les instructions vocales, est repris et embarqué sur ce nouveau Focus.
La grande innovation du Focus Voice est sa navigation vocale brevetée. Pendant toutes les phases de recherche, l’appareil délivre des instructions claires et précises. Lorsque chaque seconde compte sur une avalanche, ce guidage vocal permet de :
- garder son calme
- rester concentré
- réduire les erreurs de manipulation
- accélérer la recherche
Mais Ortovox ne s’est pas contenté de faire du copier-coller : le Focus monte en gamme sur plusieurs points clés. La bande de recherche passe ainsi de 50m sur le Diract à 80m, se hissant enfin au niveau des meilleurs de la catégorie. L’écran fait également peau neuve avec un meilleur rendu des contrastes pour une lisibilité optimale dans toutes les conditions. Enfin, la technologie IPS (Interference Protection System) est de la partie pour gérer les interférences lors de la recherche de signal, un vrai plus dans les situations de recherche multiple. Côté alimentation, on abandonne les piles au profit d’une batterie rechargeable en USB-C, ce qui ne sera pas pour déplaire.
Le Focus sera disponible au prix de 380€, un tarif dans la norme pour un DVA de ce calibre actuellement.

Mammut
Toujours côté sécurité, Mammut lance le Haldigrat E2 Airbag, un sac à déclenchement électrique équipé du système Alpride E2. Fini la cartouche de gaz à recharger avant chaque saison : le système repose sur des supercondensateurs, rechargeables en USB-C ou alimentés en dépannage par deux piles AA classiques, faciles à trouver même en refuge ou en voyage. Le sac est proposé en 20, 22 et 30 litres pour un poids d’environ 2,5kg. Comptez entre 1100 et 1200€ selon le litrage, un tarif qui reste dans la moyenne haute des airbags électriques actuels, mais qui s’affranchit des contraintes logistiques du gaz comprimé.

Deuter
Deuter revoit ses copies sur les Freescape Lite et Freescape Tour, et le résultat mérite qu’on s’y attarde. L’ambition affichée par les équipes allemandes était claire dès le départ : concevoir des sacs capables de vous suivre toute l’année en montagne, qu’il s’agisse de tracer en rando hivernale ou de partir à l’assaut des sommets en plein été. Pari tenu pour ces deux gammes.

Côté accessoires : fixation des skis en latéral ou en oblique, transport du snowboard, porte-casque amovible, poche gourde pour les sorties estivales, et des emplacements prévus pour sangles et matériel divers — une tente, un bivouac, ce que vous voulez. Le rabat supérieur escamotable vient compléter le tableau pour un sac qui s’adapte à votre chargement plutôt que l’inverse.

En résumé, des sacs bien pensés, véritablement polyvalents, qui n’ont pas vocation à prendre la poussière entre deux saisons. Comptez entre 180 et 220€ selon le litrage choisi, un investissement quatre saisons.
Dynastar
Chez Dynastar, le M-Tour 94 sera la nouveauté de la gamme M-Tour. Il se veut un véritable ski plaisir, cette nouveauté combine légèreté, vivacité et excellente tenue de carre. Les rockers marqués à l’avant comme à l’arrière facilitent la conduite dans les neiges difficiles et dégagent le terrain. Dynastar complète sa gamme avec le ski polyvalent.

Côté freerando, Dynastar développe également sa gamme M-Free avec le M-Free 94 qui sera le cadet du M-Free 100. Ce nouveau modèle pourrait devenir le ski à tout faire de ceux qui privilégient la descente tout en voulant coller les peaux de temps à autre.
Tecnica
Je vous en avais déjà parlé au cours de la saison mais Tecnica va frapper fort avec le nouveau modèle Zero G Decoy, une déclinaison hybride qui vient surfer sur l’immense succès de la Zero G. Si cette nouveauté souhaite conserver le confort de marche caractéristique de la Zero G Tour, la Decoy passe la vitesse supérieure côté descente : plastique plus épais, cadre renforcé, de quoi répondre aux exigences des freeriders ou autre freerandonneurs.

À l’intérieur, un chausson haute performance à lacets offre un maintien précis, tandis que la semelle intérieure joue sur les deux tableaux : talon souple pour absorber les impacts les plus violents, avant-pied rigide pour une transmission des appuis sans compromis.
Bref, si vous partagez équitablement votre temps entre pistes et hors-piste, le Zero G Decoy a clairement été pensé pour vous et il compte bien bousculer le marché des chaussures hybrides.

Armada
Armada se fait discret sur le segment rando cette saison. La marque concentre son offre sur le freeride et le park (Whitewalker, Antimatter, ARV), et ne propose aucune vraie nouveauté ski de randonnée pour 2027. Un choix qui illustre bien la tendance générale de cette saison : certains fabricants préfèrent resserrer leurs gammes plutôt que multiplier les références.
Salomon
Salomon n’a pas chômé pour la saison 2026/27 et étoffe son offre S/Lab avec l’arrivée du Shift 2 16 MN. Pilier de la gamme hybride depuis près d’une décennie, la Shift continue sa montée en puissance avec cette nouvelle déclinaison poussée à 16 DIN. Le talon offre 16 millimètres de débattement, un clin d’œil assumé aux glorieux Strive 16 et STH 16, tout en conservant ses capacités de randonnée à la montée.

Elle continue de jouer sur les deux tableaux : efficacité alpine à la descente, liberté de mouvement à la montée. Le meilleur des deux mondes, toujours.
La gamme ski dans son ensemble ci-dessous :

Elan
La gamme Ripstick Tour ne change pas pour la saison 2027.

Du côté de la gamme All Mountain, l’Elan Ripstick 94 est déjà une valeur sûre. La Black Edition, c’est ce même ski qu’on passe au banc de musculation. On retrouve le toucher vif et maniable qui a fait la réputation de la gamme, mais avec une stabilité et une précision portées à un niveau supérieur pour ceux qui aiment appuyer sur l’accélérateur quelle que soit la neige sous les pieds.
La géométrie a été revue avec un rayon plus avant et un talon plus soutenu, ce qui améliore sensiblement l’équilibre et le déroulé du virage. Côté construction : renfort carbone adapté à chaque taille, technologie QuadRod et stratifié carbone C-Ply sous le pied pour chasser les vibrations et affûter la précision à vitesse élevée, le tout sans alourdir inutilement le ski.

En résumé : un ski taillé pour les skieurs experts qui veulent un outil performant, stable et précis pour avaler tous les terrains sans compromis.
Blizzard
Blizzard mise sur l’allègement avec sa nouvelle gamme Canvas, déclinée en 100, 108 et 118mm au patin. Noyau peuplier et paulownia, renfort carbone et plaque de titanal partielle sous le pied : la recette rappelle celle du Rustler, en plus léger. Comptez environ 1,7 à 1,8kg au ski selon la longueur choisie (174 à 186cm), un poids qui reste raisonnable pour un ski avant tout pensé freeride plutôt que randonnée pure. Un profil hybride qui s’adresse à ceux qui veulent une machine capable d’avaler la poudreuse sans pénaliser complètement la montée.
ONEWAY
Le fabricant de bâton arrive avec un modèle dédié au ski de randonnée, similaire aux célèbres bâtons d’Alain Desez. Ceux-ci sont presque aussi léger et disposent d’une particularité qui fait la différence : une dragonne rétractable intégrée que l’on peut utiliser à la montée. Comme quoi on peut encore innover dans le domaine des bâtons de ski de randonnée !




