Pour sa Winter Edition 2026, qui débute le 12 novembre, le festival Montagne en Scène dévoile une nouvelle sélection de films mais annonce aussi le lancement d’un livre dénommé RAPPEL. Au sommaire du festival figurent notamment l’hivernale en solitaire de Benjamin Védrines aux Drus et les 82 sommets de 4 000 mètres descendus à ski par Vivian Bruchez.

Une Winter Edition avec le film de Védrines
Le film principal « L’épreuve » réalisé par Hugo Clouzeau et David Arnaud (85 minutes), suit Benjamin Védrines dans un projet d’ascension hivernale en solitaire dans la face des Drus. Le récit prend sa source au retour de son ascension du K2 en 2024, où l’alpiniste a signé un record sans y trouver le sentiment d’accomplissement qu’il cherchait. Le film semble donc s’intéresser moins à la performance qu’au doute qui l’accompagne.
Deux films complètent la soirée. « Blandine » d’Aurélien Delfosse (65 minutes), est consacré à l’ultra-traileuse Blandine L’Hirondel, qui concilie haut niveau et métier de gynécologue. « Kids » de Camille Armand (11 minutes), offre une parenthèse de ski freestyle dans la neige japonaise avec Enzo Scotto et Quentin Ladame.
RAPPEL, un livre-objet plus qu’un magazine
La nouveauté tient dans RAPPEL, que l’organisation présente comme un objet à conserver plutôt qu’à feuilleter puis oublier. Ses 156 pages mêlent portraits, enquêtes, interviews, récits et photographie, avec des making-of des films programmés et des dossiers sur des réalisations récentes, dont les Drus de Védrines et l’enchaînement des 4 000 à ski de Vivian Bruchez, que nous avions détaillé dans cet article.
Plusieurs thèmes de fond sont annoncés : ce que recouvre réellement le statut d’alpiniste professionnel, la place des femmes en montagne, le devenir des installations obsolètes, ou encore un regard sur la faune sauvage à travers l’objectif de Sébastien Montaz-Rosset. Le magazine est proposé en précommande à 20 euros, avec une expédition prévue à partir du 9 novembre, puis en librairie, en kiosque et sur les stands de la tournée.

Pourquoi le papier ?
Qu’un festival de films choisisse l’imprimé peut surprendre, mais la logique se comprend assez bien. Une projection dure deux heures, alors qu’un livre-objet prolonge la relation avec le public bien au-delà de la soirée et donne aux histoires le temps long que les réseaux sociaux ne leur accordent plus.
RAPPEL arrive dans un paysage où la montagne se consomme surtout en formats courts, et son pari du temps long a quelque chose de réjouissant. Il faudra voir en novembre si les enquêtes tiennent leurs promesses, ou si le magazine reste un prolongement éditorial de la programmation, ce qui serait déjà honorable mais moins ambitieux que ce qu’il annonce.


