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picto_backcountryskiing Ski-Libre.com vous propose  cet automne une série de 3 articles retraçant l’histoire des Détecteur de Victime d’Avalanche depuis les premiers modèles jusqu’à nos jours. Cette série se terminera par l’interview d’un des principaux acteurs du marché de la sécurité en montagne qui vous livrera sa vision de l’évolution des produits.

L’histoire des Détecteur de Victime d’Avalanche [DVA] ou plus communément connu sous le nom d’Appareil de Recherche de Victime d’Avalanche [ARVA] remonte au milieu du 20ème siècle. Dès cette période des chercheurs essayèrent de retrouver des victimes d’avalanches sous la neige via l’utilisation de différents systèmes de types émetteurs actifs à émission magnétique, radio puis au fil des années et après de multiples évolutions jusqu’à arriver à l’usage d’appareil à la fois émetteur et récepteur.

L’influence militaire pour équiper leur régiment de montagne d’appareil de sécurité en cas d’avalanche a été un facteur déterminant du développement de ce type de produit. Aujourd’hui largement répandu auprès du pratiquant lamba, il n’était réservé qu’aux professionels ou autres militaires il y a encore près de 20 ans.

Voici un article racontant les principales étapes marquantes de l’histoire de cet appareil de sécurité, indispensable à pratiquant de ski de randonnée.

 

1ère partie : Des premières ébauches à la standardisation 457KHz

Les premières archives permettent de remonter à l’année 1940 où un Suisse du nom de Bächler travailla sur la mise au point d’un émetteur 150 kHz, retrouvé à 10 mètres par un récepteur séparé. Ce premier appareil se basait sans doute sur les recherches gonio des «radios-pirates». Mais ce n’est réellement qu’au milieu des années 1960, ou plus exactement en 1964, que d’autres chercheurs toujours Suisses s’orientèrent vers des systèmes magnétiques à fixer sur les chaussures (les systèmes Varian et Förster) qui devaient être recherchés avec des sondes magnétiques. Cependant la portée ne dépassait pas 2 à 2,5 mètres pour ces appareils.

A cette même époque, un anglais crée un émetteur 9 kHz, le Skilok, mais la portée de 7 mètres restait également faible. En même temps, la société américaine Lawtronics fait une avancée remarquable avec le Skadi, le premier appareil “émetteur-récepteur” avec une batterie rechargeable et offrant une portée de 20 mètres, partant d’un quartz radio existant sur le marché en 2.275 kHz.

  LAWTRONICS-SKADI-002 LAWTRONICS-SKADI-003 LAWTRONICS-SKADI-004

C’est donc dès 1964 toujours en Suisse, que l’Institut Fédéral pour l’Etude de la Neige et des Avalanches à Davos (l’IFENA aujourd’hui connu sous le nom de SLF) réalisa les premiers tests comparatifs sur les systèmes existants (Bächler, Skilok, Skadi et Förster).

Pendant ce temps-là, diverses sociétés s’intéressèrent à ce problème et le marché verra apparaître d’autres émetteurs-récepteurs notamment en provenance des Etats-Unis (le Ramer avec les Echo I et Echo II), mais également d’Allemagne (le Ruf et le Redar) toujours basés sur la fréquence 2.275 kHz mais avec batteries jetables.

Ramer_EchoII

Le rôle de l’armée dans le développement du matériel de sécurité en montagne

A cette même période, l’armée Suisse lance alors un appel d’offres pour réaliser un émetteur-récepteur hyper performant en acceptant de financer l’étude et de passer commande au vainqueur; c’est la société Autophon qui en utilisant la fréquence spécifique 457 kHz obtient une portée de 40 mètres avec le Barryvox VS, portée qui sera doublée par la suite avec le fameux Barryvox VS68, longtemps considéré comme la Rolls-Royce des DVA. Cependant, compte tenu que la fréquence 457 kHz est réservée aux Etats-Unis pour l’US NAVY, les fabricants choisissèrent de laisser cette fréquence aux armées et continuèrent de produire des émetteurs-récepteurs en 2.275 kHz.

barryvox-vs68

En 1971, la société autrichienne MOTRONIC présente son PIEPS à la communauté scientifique à Grindelwald en Suisse. Il est testé par l’Institut pour l’étude de la neige et des avalanches Suisse en même temps que l’Autophon VS68 ainsi qu’un Zellweger suisse qui tente de concurrencer le VS68 pour les marchés de l’armée. Mais n’ayant pas intéressé l’armée suisse, ce dernier appareil disparaitra avant même d’avoir vécu. En 1973, apparait un émetteur allemand en 108 kHz, le Lawinenspecht qui ne rencontre pas beaucoup de succès non plus. En 1975, Autophon présente son nouveau Barryvox, le VS75 plus particulièrement destiné à l’armée. De son côté, l’armée italienne est équipée par un appareil identique au Barryvox en 457 kHz, le Snow-Bip de la société Fitre.

Snow Bip-Fitre

Des sociétées ont alors l’idée de réaliser des appareils bi-fréquence (457 kHz et 2.275 kHz) afin d’être comptabibles avec tous les appareils existants. Ces idées sont portées par les Dr Hartwig STRÖBL avec le Pieps DF autrichien et le Dr Gerald KAMPL avec l’Ortovox F2 allemand ainsi que le nouveau Ruf. En 1984, en France, un groupe de travail de l’ANENA (Association Nationale de l’Etude de la Neige et des Avalanches) met au point un cahier des charges et la société française Option et sort son premier appareil bi-fréquence en déposant le nom ARVA pour l’appeler l’Arva 4000.

ortovox-f2ARVA 4000

Standardisation de la fréquence 457kHz

Fort heureusement, l’U.S. NAVY pousse sa fréquence à 5 kHz et, lors d’un congrès, la CISA/IKAR (Commission Internationale de Sauvetage Alpin) conseilla fortement de s’orienter vers une standardisation internationale en adoptant la fréquence 457 kHz et en prévoyant dans un premier temps de réformer les mono-fréquence 2.275 kHz. Malgré quelques résistances des fabricants américains qui s’obstinèrent à considérer la 457 kHz comme une fréquence uniquement européenne, Ortovox, Pieps puis l’Arva 4000 les remplacèrent peu à peu.

Par contre, en Autriche, on continue à commercialier le MIPI (émetteur/récepteur séparables) 2.275 kHz, ainsi que les Pieps III. Ce n’est qu’en 1990 que l’armée autrichienne va passer au bi-fréquence avec le Pieps DF.

Pieps_DF

Lors d’une réunion à Innsbruck au début des années 1990, le Comité de Normalisation Européen envisagea de demander aux fabricants l’arrêt de la production des bi-fréquences entre 1992 et 1993, pour arriver à des monofréquence de 457 kHz beaucoup plus performants. C’est à partir de cette date que l’ARVA devient un nom commun dans le monde francofone et dès lors, la totalité des appareils devinrent mono-fréquence 457 kHz ± 100 Hertz.

Les quelques bi-fréquences restants (Pieps DF, Ortovox DF et Arva 4000) furent alors réformés par les instances internationales. Les recherches s’orientèrent alors sur l’amélioration de la facilité de recherche et Ortovox présenta le Visovox, galvanomètre indiquant la puissance du signal maximum et donc la direction à suivre. Ce fut ainsi les prémices d’un nouveau changement dans le développement de ces appareils.

à suivre…

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