L’histoire des Détecteurs de Victimes d’Avalanches (DVA) – 2ème partie

Nous vous proposons cet automne une série de 3 articles retraçant l’histoire des Détecteur de Victimes d’Avalanches depuis les premiers modèles jusqu’à nos jours. Cette série se terminera par l’interview d’un des principaux acteurs du marché de la sécurité en montagne qui vous livrera sa vision de l’évolution des produits.

L’histoire des Détecteur de Victimes d’Avalanches [DVA] ou plus communément connu sous le nom d’Appareil de Recherche de Victime d’Avalanche [ARVA] remonte au milieu du 20ème siècle. Dès cette période des chercheurs essayèrent de retrouver des victimes d’avalanches sous la neige via l’utilisation de différents systèmes de types émetteurs actifs à émission magnétique, radio puis au fil des années et après de multiples évolutions jusqu’à arriver à l’usage d’appareil à la fois émetteur et récepteur.

L’influence militaire pour équiper leur régiment de montagne d’appareil de sécurité en cas d’avalanche a été un facteur déterminant du développement de ce type de produit. Aujourd’hui largement répandu auprès du pratiquant lambda, il n’était réservé qu’aux professionnels ou autres militaires il y a encore près de 25 ans.

Voici la suite du 1er article racontant les principales étapes marquantes de l’histoire de cet appareil de sécurité, indispensable à tout pratiquant de ski de randonnée.

2ème partie : L’évolution technologique en marche

C’est en 1989 que la société française Option utilisa pour la première fois une LED lumineuse (système D.D.I. dont la fréquence de clignotement donnait des indications sur la direction et la distance). Ce système d’indication lumineuse fut très rapidement remplacé en 1994 par l’Arva 8000 remarqué pour sa portée maximum à 127 mètres. De son côté, la société autrichienne Pieps poursuit le mouvement avec le modèle Optifinder et la société allemande Ortovox améliore largement la facilité d’utilisation de ses produits avec le Focus.

D’autres appareils comme le Berdin tchécoslovaque et l’AB15 japonais ne résistent pas aux tests de la CISA/IKAR lors de l’année 1994 (Commission Internationale de Secours Alpin). Maintenant que la fréquence 457 kHz est devenue unique et internationale, que les problèmes de portée ont été discutés et analysés, tous les fabriquants s’intéressent avant tout à la facilité d’utilisation. En effet, une portée de plus de 100 mètres fut rapidement jugée inutile et il fut communément reconnu cette portée maximum soit de l’ordre de 60 à 80 mètres et la portée minimum de 30 à 35 mètres.

En 1998, le Dr Hartwig Ströbl améliore le Pieps avec son système OPTI 4-Modul qui offre une flêche lumineuse d’approche en option, adaptable sur les Optifinder précédents. De son côté, le Dr Kampl présente un appareil semi-automatique,  l’Ortovox M1 qui dirige les manoeuvres du sauveteur en lui indiquant la marche à suivre sur un écran digital, une nouvelle approche qui annonce l’avenir des DVA.

L’évolution du numérique

La fin du 20ème et le début du 21ème siècle annonce l’arrivée sur le marché d’une nouvelle génération d’appareils entièrement automatiques : un microprocesseur analyse les signaux et assure automatiquement tous les réglages… il “suffit” de suivre la direction indiquée et d’aller directement sur la victime sélectionnée.

dvalist

Dès 1997 aux USA, la société  BCA sort le premier DVA bi-antenne « numérique » avec le modèle Tracker DTS . L’hiver 1999 voit arriver le fameux Opto3000, premier bi-antenne analogique et numérique développé par la maison Ascom (Suisse), en collaboration avec Mammut. Le Tracker américain est également suivi de l’appareil français ARVA 9000 au début des années 2000, fruit de la collaboration entre les sociétés françaises, Option et Nic-Impex.

bip-listA la fin du siècle dernier, on trouve également des émetteurs simples en 457 kHz qui ont uniquement la possibilité d’émettre, donc d’être retrouvé par l’un des quelques 300 000 porteurs environ (estimation du nombre de possesseur d’UN DVA à la fin des années 90) d’un bi-fréquence ou d’un monofréquence 457 kHz : le Snow-Joker allemand, le Powder-Peep autrichien, le Life-Bip français et le Barryvox S2 suisse. Il est important de souligner que ces appareils ne sont pas des DVA et qu’ils n’ont été destinés principalement à la gestion de groupe en hors-piste.

Dès 2003, Pieps sort le modèle DSP, appareil numérique tri-antenne, équipé du système DSP (Digital Signal Processor). Ce système permet au microprocesseur d’isoler chaque signal en fonction de son « identité » propre, grâce à un algorithme spécifique. C’est notamment grâce au DSP que le DVA est en mesure d’établir une liste des victimes – certains appareils peuvent même suivre un signal au choix – masquer un signal lorsque le sauveteur le lui demande pour se concentrer sur le prochain, ce qui permet de résoudre les situations de victimes multiples beaucoup plus facilement.

Ce modèle va être rapidement suivi en 2006 par le Pulse Barryvox, toujours du tandem Ascom/Mammut, premier appareil tri-antenne analogique et numérique, également équipé du système DSP. La marque française arriva alors avec un modèle bi-antenne, l’ARVA Advanced, offrant également une recherche multi-victime.

En 2008, Ortovox propose une nouvelle façon de lire l’avance du sauveteur sur le terrain avec un écran sur son modèle S1 . Dans le même temps, Nic-Impex sort sa série ARVA 3 axes & ARVA Evo3, tri antenne multi-victime.

Plus grande portée, multi-victime facilitée, plus grand rapidité.

Aujourd’hui, tous les principaux fabricants proposent des appareils numériques tri-antennes, qui, en plus d’être très rapide dans l’approche, permettent d’être très précis dans la phase de recherche finale.

Depuis la fin des années 2010 cette nouvelle génération de DVA offre également la possibilité de faire des mises à jour logiciel, ce qui permet d’apporter certaines améliorations et des innovations sans changer forcément de boîtier. L’utilisateur retrouve ainsi le fruit de son investissement, puisqu’il n’est plus obligé de changer son DVA à chaque amélioration ou nouveauté.

Les principaux acteurs ont tous une gamme relativement fournie. Ortovox lançe en 2010 le modèle 3+ présentant une technologie brevetée consistant en un capteur d’inclinaison, qui analyse l’angle d’enfouissement de l’appareil et commute alors automatiquement sur l’antenne la mieux orientée pour émettre. Cette technologie évite ainsi la problématique jusqu’alors persistante et très gênante de l’enfouissement vertical pouvant mener à des portées réduites pour l’appareil en recherche et à des indications de distance  aléatoires.

Mammut tient une part importante du marché grâce à son modèle Pulse Barryvox dans sa version 4.0 actuellement, qui outre des améliorations notables de ses performances et de son confort de lecture, donne le choix du profil d’utilisateur, de débutant à avancé. La marque ARVA a vu arriver l’ARVA Link en 2011. Backcountry Access présente également avec son modèle Tracker 2 la même année. Ces appareils étant les têtes de pont de ces 3 marques, elles ont toutes décliné leur modèle avec une gamme simplifiée. Ainsi on retrouve l’Element Barryvox, version simplifiée du Pulse Barryvox; ARVA sort le modèle Axis, également avec un profil simplifié hérité du Link.

Pieps sort le Vector, combinant un DVA et un GPS permettant d’enregistrer le parcours effectué par le sauveteur sur le terrain et la position de l’avalanche. La marque autrichienne sort également le  DSP Tour, version simplifiée du DSP d’origine.

Concernant les derniers modèles en date, Ortovox sortira le Zoom+, un appareil 3 antennes et BCA sortira le Tracker3, avec 3 antennes également. ARVA sortira également cette saison le NEO un 3 antennes simple et performant.

Les nouvelles évolutions se portent toujours sur l’optimisation de la recherche finale afin de guider au mieux l’utilisateur, c’est dans ce sens que Mammut est allé avec la dernière version de son Pulse avec un brevet déposé sur le guidage assisté ultra rapide du sauveteur, lui évitant de “se perdre” dans la phase finale.

D’autres marques comme Pieps tente de jumeler la fréquence 457 khz et le signal GPS, alors que des recherches sont menés sur la possibilité d’avoir un couplage smartphone permettant d’utiliser un réseau de télécommunication, un signal GPS tout en offrant des fonctions de recherches. Un jeune français a récemment développé une application iPhone nommée Isis avec pour objectif d’utiliser la géolocalisation du téléphone portable comme un outil de secours. Un complément à la triptyque DVA-Pelle-Sonde qui pourrait être intéressante mais qui nécessite encore d’être approfondi. En cas d’avalanche, ce produit, qui s’adresse en priorité aux skieurs en hors-pistes, envoie un signal au secours ou aux téléphones alentours.

Ce type de produit n’en est qu’à ses débuts pour une utilisation à grande échelle mais l’application est déjà disponible sur l’Apple store et l’Anena et le PGHM participent à ce projet. En conclusion le champ des possibilités semble encore très vaste mais les paramètres à prendre en compte sont nombreux et la contrainte «essentielle» de fiabilité dans des terrains complexes rend l’équation très difficile… ce qui laisse augurer que le futur nous apportera encore des nouveautés dans ce domaine de la sécurité en montagne.

Troisième et dernière partie à lire ici.

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