Oui, ceci est un article sur l’islande. Non, on ne parle pas des «Panama Papers», mais bien de ski. On s’intéresse à ce pays parce que son terrain de jeu titille de plus en plus les spatules des skieurs en quête d’exotisme. Seulement ces dernières semaines Aurélien Ducroz, le freestyler néo-zélandais Jossi Wells ou encore les snowboarders américains Scotty Lago et Greg Bretz ont tracé des courbes en Islande.

islande_0015Il existe une petite culture du ski sur l’île perdu au milieu de l’Atlantique, avec quelques stations, mais c’est naturellement pour ses pentes vierges que tout ce petit monde fait le déplacement. Une compagnie d’héliski est d’ailleurs basée à Akurery dans le nord. Ce n’est justement pas là qu’on vous emmène.

Direction les fjords de l’ouest et la péninsule Hornstrandir (je vous laisse chercher sur la carte) pour un trip mer-montagne. Pas de risque d’embouteillage, deux bateaux seulement opèrent depuis le port d’Isafjördur. Sigi, le local, sur l’Aurora Artika et Thierry Dubois sur La Louise.

islande_0008On embarque avec le marin français, un grand nom du milieu de la voile, ancien participant du Vendée Globe. Nous sommes huit copains et avons booké avec la compagnie Worldguiding, basée dans le canton du Valais, en Suisse. Au programme, cinq jours de randonnée en passant d’un fjord à l’autre, un peu comme une Haute-Route. La Louise sera notre «cabane».

islande_0025Pour ce genre d’aventure, il faut un peu de chance, surtout avec la météo. La semaine précédant notre voyage, il a plu sans discontinuer sur Hornstrandir, certains jours même jusqu’au sommet des montagnes. Heureusement, la veille de notre arrivée, la neige refait son apparition. De quoi nous offrir des conditions de ski très honorables.

Au début avril, les journées sont déjà longues. On profite un maximum en skiant jusqu’en début de soirée. En moyenne, on enchaine quotidiennement entre 1500m et 1800m de dénivelé. Nous ne sommes pas dans les Alpes, on reste donc dans du ski assez facile.

islande_0020Notre itinéraire débute dans le fjord Hrafnfjördur avec le plus haut sommet (Blàfell, 736m). Un premier contact avec la neige islandaise qui permet d’avoir un aperçu de ce qu’on va vivre tout au long du périple. Des décors à couper le souffle, mais en quelques heures, la météo passe du soleil à la tempête.

La neige est également très variable, en particulier à cause du vent, parfois violent. Après un passage par le bateau pour un petit casse-croûte, on s’offre une sortie de fin de journée avec des lumières fantastiques. Un dernier run alors que le soleil s’est déjà caché derrière les montagnes. Une superbe première journée couronnée en soirée par des aurores boréales.

islande_0021Les jours 2 et 3 seront dédiés à l’exploration de Lonafjördur. De belles balades, mais surtout deux magnifiques couloirs de fin de journée sont à mettre à notre actif. Le doute est donc dissipé. Il est possible de faire du ski plus raide en Islande. Si le premier couloir avait déjà été skié par notre guide Raphy Richard l’an dernier, on a sans doute « dépucelé » le second, dans des conditions de neige parfaites. Le grand moment de cette semaine.

islande_0009Autre première le lendemain, avec une descente sur la baie d’Hornvik. Soleil, vue sur l’océan arctique, décor de carte postale. Malheureusement les pentes ont été balayées par le vent et la neige a été remplacée par de la glace. Tant pis pour les grandes courbes dans la poudre, on en prend quand même plein les yeux.

Heureusement, le retour vers le bateau nous offre des conditions de neige nettement plus favorables. Nous sommes même accueillis en bord de mer par deux phoques.

islande_0017Finalement, il n’y aura pas de ski le dernier jour, la pluie et la tempête ont raison de nos ambitions. Retour donc au port d’Isafjördur dans une mer agitée après 4 jours intenses et magnifiques. Une expérience à couper le souffle parfaitement encadrée par Raphy Richard, mais aussi Thierry Dubois et son équipe.

« Des décors à couper le souffle, mais en quelques heures, la météo passe du soleil à la tempête »

Une aventure qui dépasse le ski avec la chance de voir des phoques, des renards arctiques et des aurores boréales, mais aussi de vivre des moments d’amitié sur La Louise autour d’un bon verre de vin et surtout des superbes repas préparés chaque jour.

Le ski, les copains, la vie !

Infos pratiques:

Compagnie de guide: Worldguiding.ch
Le bateau: La Louise, Goelette de 19m pour 7 ou 8 passagers.

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