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La région de l’Aladaglar dans le massif du Taurus, a accueilli pendant 12 jours un groupe de 4 potes moustachus, à la recherche de ski, de rencontres et de dépaysement. Nous n’avons pas été déçu car ce pays nous a procuré des paysages somptueux, de riches découvertes et rencontres toutes plus belles les unes que les autres. Cette page retrace nos aventures de montagnards “Franco-Hongrois”, partis en direction des montagnes Turques dans le massif du Taurus.

Ascension de du volcan Hasan Dagi (3268m)

Après un vol direct vers Ankara depuis Genève, nous récupérons notre voiture de location et partons en direction du massif du Taurus. Notre périple débute par une très belle première sortie sur un des volcans du centre du pays le Hasan. Immédiatement nous prenons conscience que nous sommes en Turquie, avec une forte chaleur qui nous accompagne sur les routes. Nous découvrons au loin de le volcan apparaître, c’est toujours une sensation particulière de visualiser un volcan enneigé au loin et le voir se rapprocher de nous au fur et à mesure de notre avancement. Après un stop dans une ville non loin du volcan nous sommes repartis en direction des pentes du volcan et avons dormi dans une des salles du restaurant Yayla qui nous a gentiment permis de passer la nuit.

Au petit matin, nous démarrons par un premier portage matinal de 45min, histoire de bien nous mettre en jambe. Ceci nous a amené à une langue de neige que nous avons remonté afin d’atteindre les faibles pentes au pied du Hasan. Nous sommes alors montés directement dans le couloir Nord-Est que l’on pouvait voir très distinctement au loin la veille lors de notre approche depuis la plaine.

Un groupe de 20 pyrénéens croisés sur le chemin a contourné le Hasan par l’Est en prenant la voie classique, moins raide. Au sommet du cratère, il ne nous restait plus qu’à gravir le dernier ressaut pour atteindre le sommet et observer un superbe panorama à 360° autour de nous. Les quatre moustachus que nous étions, prirent la pause au sommet, fiers comme des coqs de cette première très belle journée dans les montagnes turques.

La descente par le même couloir de montée était vraiment excellente, avec 10 cm de neige poudreuse dans le couloir. Plus bas la neige de printemps fut tout aussi bonne, avec une belle moquette parfaite à skier !

Arrivés au restaurant Yayla, nous avons partagé notre bière turque, la fameuse Elfes Pilsen avec notre hôte de la veille. Après cette première prise de contact avec la région, nous avons ensuite repris la route d’Ihlara et sa belle vallée, puis de Cukurbag dans le massif du Taurus, lieu de nos prochaines randonnées.

Couloir ouest du Guzeller Dagi (3461m)

C’est donc depuis le village de Cukurbag, camp de base de notre périple pour plusieurs jours, que nous allons démarrer la plupart de nos prochaines courses en montagne. Nous découvrons le massif qui s’étend devant nos yeux, et autant dire que les possibilités sont immenses. De plus notre point de chute dans un camping se trouvant à l’entrée du massif est vraiment idéal pour séjourner un long moment et bien préparer nos sorties en montagne.

Pour cette deuxième course, nous avons passé encore une très belle journée sous la chaleur, une nouvelle fois. Nous avons encore eu droit à de la très bonne neige de printemps, excellente à skier à la descente. Mais le manque de neige important cette année dans le massif nous a obligé à marcher une heure avant de pouvoir chausser les skis. Au bout de la vallée d’Emli Bogazi nous avons tracé jusqu’à un ressaut ouvrant sur un immense cirque au fond d’une vallée à droite. Du fond de ce cirque, un couloir évident sur la gauche annonce le chemin du Guzeller Dagi. Nous entamons la longue remontée du couloir en neige dure, mais sous une chaleur de plus en plus forte. Au sommet de ce couloir, une dernière pente de 200m de dénivelé permet de rejoindre le sommet.

La descente s’est faite par le même itinéraire. La pente sommitale était déjà en neige très chauffée par le soleil mais le couloir était en bien meilleur condition avec une neige de printemps parfaitement revenue. La suite fut également bonne, jusqu’au portage de retour sous un soleil de plomb…

Nous avons alors retrouvé le groupe de Pyrénéens croisés la veille au Hasan Dagi. Ils étaient montés en direction du Avci Yedi Geçidi, mais le col était très corniché, information qui ne permettra de ne pas nous rendre là bas pour les prochains jours.

Alaça Dagi, depuis le vallon d’Emli Bogazi (3588m)

Nous étions partis pour faire une troisième journée tranquille, pas trop longue… et nous voici en route pour l’Alaça avec ces 1850m de dénivelé ! Le vallon qui mène à ce sommet est véritablement magnifique, avec des pins au début puis ce vallon devient très encaissé entre de grandes parois de roches aux teintes roses. La bifurcation à l’Est est longue pour venir sous les pentes du petit Alaça. Les pentes sont ensuite raides et un portage est nécessaire avant la grande traversée finale, car la neige est dure et que quelques conversions exposées au dessus de ces très grandes pentes auraient été nécessaires, autant ne pas prendre de risque.

Ensuite nous avons rejoins le col au pied du sommet. Celui-ci est faiblement enneigé avec beaucoup de cailloux et de gros rochers. Mes trois comparses montent au sommet alors que je reste au col 200m plus bas, peu rassuré par cette montée et un peu fatigué par la chaleur. Un petit bout de corde, que nous avions laissé au bungalow, m’aurait certainement rassuré.

La descente se déroula en neige dure sous le sommet, puis au fur et à mesure en neige de plus en plus décaillée jusqu’au bas de la combe où nous avons dû remettre les skis sur le dos pour notre petite heure de marche quotidienne !

Nous profitons d’une belle pelouse naturelle au fond de la vallée pour nous restaurer un peu après cette très longue course, nous “siestons” au soleil tout en buvant quelques servoises locales… un bonheur simple de fin de course en montagne.

Emler Dagi, voie normale (3723m)

Encore une bonne journée dans le Taurus, cette fois-ci avec un temps moins favorable que les 3 premiers sommets. Bien que le soleil aie été présent en début de journée, cela s’est vite couvert au fur et à mesure de notre ascension. Une fois la gorge passée, la longue ascension vers le col nous est apparue interminable. Une fois le col 3350m atteint la neige est arrivée. Nous avons dû mettre les skis sur le sac pour atteindre une langue de neige menant au sommet vers 3500m.

La fin s’est faite sans encombres skis aux pieds jusqu’au sommet, le tout sous de gros flocons. La descente fut laborieuse sous le sommet, mais dès le col passé ce fut une véritable moquette, un excellent ski de printemps une fois de plus !

Minare Tepeler, Gorges de Maden (3090m)

Nous étions partis faire le sommet Keklikkayasu, mais une mésaventure arriva en chemin lorsque nous avons crever de grand matin sur un chemin. Après avoir été chercher un Criketoyu ou Criketos dans le village voisin (merci le loueur pour l’absence de cric dans la voiture) puis l’avoir ramener au village, nous étions tard en retard sur l’horaire initial et cette vallée est plutôt lointaine (45mn de piste). De plus, il continuait à faire très vite chaud, à 2000m nous étions en t-shirt.

Ainsi, nous avons dû nous adapter car le sommet initial était très loin en distance et la neige peu présente dans cette vallée. Nous avons donc décidé de changer nos plans et partir à vue dans une combe évidente plus proche sur notre droite. Nous nous sommes donc rabattu sur ce vallon à droite à priori plus enneigé et qui nous a emmené à un col sous (ce que nous apprendrons bien plus tard) un sommet nommé Minare Tepeler.

Ce fut un excellent choix car nous avons fait, encore une fois, du très bon ski dans un endroit extrêmement sauvage une fois de plus.

Eciyes Dagi, Arête Est (3917m)

Dernier sommet de notre voyage, le Mont Erciyes est cependant le plus élevé. Le temps a été moins clément en cette fin de séjour puisque nous avons quitté Cukurbag sous la pluie-neige et donc pris la route de Kayseri, ville de 1 million d’habitant au pied de ce volcan de presque 4000m.

Nous sommes arrivés au pied du volcan et le vent et la neige étaient également de la partie. Nous nous sommes arrêtés dans un petit hôtel de la station après avoir négocié un prix et un chambre pour 4. La station était quasi déserte, les remontées allaient fermer 3 jours plus tard.

Le mauvais temps est resté accroché sur ce volcan 2 jours, et nous avons pu tenter son ascension la veille de notre départ. Nous sommes montés depuis le bas de la station, mais après 1100m de dénivelé, nous avons dû nous arrêter au pied des couloirs menant au sommet, tant les pentes étaient chargées de neige et ventées.

Lors de notre montée nous avons rencontré un groupe du CAF de Cluses qui redescendait en raison des conditions très risquées. Nous avons fait une coupe de neige pour voir la cohésion du manteau, et après avoir appliquer une surcharge, une couche supérieure de 40cm de neige compacte décrochait facilement, nous avons donc fait le bon choix.

Retour tranquille au col en descendant les grands vallons jusqu’à la station. Dommage pour ce très beau sommet, mais les conditions étaient trop mauvaises avec de très grosses accumulations de neige au dessus de 3000m.

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