Les gardiens de la montagne, le film

Une aventure humaine et alpine tournée au cœur des Hautes Tatras, dans les Carpates slovaques. Ce film invite à découvrir des façons de pratiquer la montagne avec respect, authenticité et… lenteur.

Quand l’un des snowboarders les plus créatifs de Belledonne décide de lever le pied sur les expéditions aux quatre coins de la planète, ça donne envie d’écouter. Thomas Delfino, fidèle à son massif isérois et à une vision de la montagne qui se réinvente, sort le deuxième volet de sa série Traverses.

Avec son compère Aurélien Lardy à ski — déjà complice d’un mémorable trip kirghiz — il file vers ce coin des Carpates que les Slovaques eux-mêmes appellent « les plus petites grandes montagnes du monde« . 24h de route depuis Grenoble, zéro avion. Le ton est donné.

Pas de dénivelés himalayens ni de faces nord à faire trembler les genoux. Delfino l’assume volontiers : cette fois, il ne cherche pas l’extrême. Ce qui l’intéresse, c’est la traversée en mode pote, la curiosité du voyageur qui arrive quelque part sans en connaître les codes, et les gens qui gardent ces montagnes au quotidien. Une vingtaine de minutes de film co-réalisées avec Evan Rouillard, construites autant autour des rencontres humaines que des virages dans la poudre.

Pour le randonneur ou le freerider qui commence à saturer des film de pente raide tournés au bout du monde et dans lequel il n’arrive plus à se projeter — ce qui est mon cas — ce genre de projet fait du bien. Il rappelle qu’on peut construire quelque chose d’authentique et d’inspirant avec moins : moins de kilomètres parcourus, moins de budget carbone, mais autant de sensations et de sens.

Une belle piste à explorer pour quiconque cherche sa prochaine aventure à ski en dehors des sentiers balisés — et pas forcément à l’autre bout du monde.