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La marque française Lagoped débarque dans le monde de l’outdoor. Cette petite marque se lance en mettant en avant une conception et une fabrication au plus près du lieu d’achat avec l’usage de matières recyclées sans PFC (hydrocarbures perfluorés).

Une nouvelle marque me direz-vous ! Oui mais avec une démarche qui tente de se distinguer de la plupart des acteurs majeurs du secteur. Découvrons cette jeune pousse au travers d’une interview de Christophe Cordonnier, fondateur de la marque Lagoped

Interview.

Question toute simple, pourquoi s’être lancée dans la création de la marque Lagoped ?

Lagoped c’est une équipe de passionnés et une aventure faite de rencontres en montagne entre Pierre, Julien et moi-même. Notre idée de départ était d’avoir des vêtements qui nous ressemblent c’est à dire aussi libres que nous en montagne. Qui nous libèrent au lieu de nous enfermer, qui soient en cohérence avec la nature et ce qu’on vient y chercher : la beauté, la liberté et le partage. Et comme on ne trouvait pas ce qu’il nous fallait, on a décidé de fabriquer nos vêtements en Europe avec des matières recyclées, sans PFC. Tout simplement.

Comment se passe le développement de votre société ?

Le projet a démarré il y a un peu plus d’un an au sein de l’incubateur Outdoor Sports Valley à Annecy. Nous avons créé la société en avril dernier et nous commercialisons une précommande de notre première collection en ce moment. C’est grâce au soutien des acteurs locaux et des professionnels de l’outdoor que nous avons pu avancer rapidement. Aujourd’hui, notre priorité est de lier des relations avec des distributeurs et des magasins en station et en vallée pour que nos vêtements soient disponibles sur les territoires de montagne.

Comment développez vous vos produits ? Pouvez vous nous expliquer les grandes étapes qui jalonnent la création d’un vêtement Lagoped ?

La première étape c’est le dessin du vêtement. C’est une étape essentielle car nous y mettons tout l’ADN de Lagoped. Nous voulons des designs simples, sans superflu pour des vêtements qui vont à l’essentiel. Par exemple pour la veste, nous avons veillé à ce que les bras soient bien dessinés et se détachent de la silhouette tout en permettant des mouvements amples. Nous avons également passé beaucoup de temps à développer la coupe femme pour la veste et le pantalon. Nous avons travaillé avec David Purves, un artisan passé par la haute couture et c’est Sébastien Raffin, expert du modélisme outdoor, qui a réalisé les patronages qui constituent les plans de réalisation pour les manufactures.

En deuxième étape, nous choisissons nos matières avec soin dans la filière du recyclage pour qu’ils soient efficaces en toute circonstance. Nous remontons la fabrication des matières jusqu’au fil qui compose le vêtement ce qui nous permet de nous assurer que les matériaux que nous choisissons sont respectueux de l’environnement dans leur fabrication et dans leur usage. Le tissu de notre première collection est tissé et teinté en Ardèche et la membrane a été développée par la société allemande Sympatex. C’est une membrane hydrophile très imperméable et coupe-vent, facile d’entretien. Ensuite, nous choisissons les manufactures et ateliers en Europe pour la fabrication des articles.

Enfin la troisième étape est la plus sympathique et agréable car il faut tester les produits sur le terrain et que les labos c’est bien mais dehors c’est mieux. Cela nous permet de nous assurer que nous faisons les meilleurs choix pour la construction de nos vêtements et que les matières retenues sont efficaces et solides. Notre équipe de testeurs est constituée de pros et d’amateurs qui utilisent nos vestes et pantalons toute l’année et les ont emmenés dans toutes leurs aventures. Pour en citer quelques unes nous avons comme testeurs:

  • Julien Désécures (guide enseignant à l’ENSA et auteur du topo de la face nord des Grandes Jorasses) et Grégoire Lestienne (guide) étaient pendant 3 semaines dans la partie occidentale du Népal (Simikot) où ils ont réalisé un sommet de 6070m.
  • Tiphaine Dupérier (Aspirant guide – pisteur secouriste) a réalisé la première descente à ski du très esthétique Laila Peak (6096m) au Pakistan avec Boris Langenstein et Carole Chambaret
  • Johanna Marcoz (Aspirant guide – membre ENAF FFME) a réalisé l’ascension de plusieurs sommets vierges (Cerro Akila Cerro Fernando/ Nylandia) en cordillère de Darwin au Chili avec l’Equipe Nationale d’Alpinisme Féminin de la FFME.
  • Jérôme Sullivan (Lauréat Piolet d’or pour l’ascencion du Riso Patron) a ouvert une voie technique (« La Milagrossa » M7, A3, 6a – 1200m) sur le Cerro San Lorenzo en Patagonie argentine avec Martin Elias et François Poncet.
  • Théo de la Soujeole (Moniteur de ski) a réalisé l’ascension du Denali (6190m) en Alaska (Etats-Unis).
  • Kevin Fuentes (grand marcheur) a traversé à pied la Nouvelle Zélande du Nord au Sud pendant l’hiver austral (2400km – 5 mois).
  • Damien Lacaze (Moniteur de parapente) a effectué un raid en parapente de 1500km à travers le Karakoram avec Antoine Girard en mixant bivouac et alpinisme.

Le marché du textile outdoor semble extrêmement concurrentiel avec un très grand nombre d’acteurs présents. Comment pensez vous vous démarquer par rapport à cette concurrence sur un marché aussi technique que celui du vêtement de montagne ? 

Le cœur de notre offre est selon nous très différent, car nous développons des circuits courts et une fabrication locale qui consomme moins de ressources. Bien entendu, les matières recyclées sans perturbateurs endocriniens sont essentielles à notre démarche. Mais au-delà du respect de la planète, nous sommes particulièrement attachés au respect des hommes et des femmes avec lesquels nous travaillons localement. Nous sommes purement et simplement fiers de nous appuyer sur les savoir-faire européens qui ont accompagné les premières grandes conquêtes alpines.

Nous offrons une transparence totale sur ce que le pratiquant porte sur le dos pour qu’il puisse partir à l’aventure sans se poser de questions.

Nous fabriquons des vêtements techniques aussi que nous voulons beaux, au niveau des coupes bien sûr et des couleurs, parce que nous voulons les voir portés une fois redescendus dans la vallée ou sortis de la forêt et tout au long de l’année et pas juste sur les pistes. Nous travaillons des ensembles pour que les associations de couleur fonctionnent bien.

Enfin nous garantissons nos vêtements 5 ans et nous les réparons en Haute Savoie si ils s’abîment.

Quels sont les objectifs de développement que vous vous fixez ?

Notre objectif est de développer un réseau de distribution physique en station et en vallée avec une dizaine de points de vente dès cette année. Lagoped a un modèle de distribution basé sur les magasins et nous souhaitons tisser des relations fortes avec des partenaires clefs.

Si un lecteur souhaite découvrir un de vos produits dans quels magasins pourra-t-il prochainement se rendre ?

Nous sommes actuellement en discussion avec des réseaux de distribution et des magasins, donc je dirais à suivre de côté-ci pour l’instant… Pour le moment nos vestes et pantalons sont en précommande sur Lagoped.com pour une livraison avant Noël. En attendant si un de vos lecteurs trouve notre démarche et nos produits intéressant, qu’il n’hésite pas à parler de Lagoped à son shop préféré !

Nous serons également aux rencontres “ciné montagne” du 6 au 10 novembre au palais des sports de Grenoble et nous serons ravis de rencontrer les personnes intéressées sur le stand du bureau des guides de Grenoble pour faire essayer les vêtements entre les films et les dédicaces.

Pour plus de détails : 

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