Interview : Cyril Salomon, créateur de Montagne en Scène

picto_itwLe festival « Montagne en Scène » a sillonné la France à l’automne dernier et nous avons profité de cette occasion lors de son passage à Annecy le 1er Décembre 2014 pour rencontrer Cyril SALOMON, le fondateur de ce festival. Nous lui avons posé quelques questions sur cet événement qui s’inscrit comme un rendez-vous incontournable au fil des ans dans le calendrier des festivals de montagne.

Le programme de la “Summer Edition” de Montagne en scène vient de paraître, toutes les dates sont disponibles sur ce lien. Au programme, 8 films d’escalade, d’alpinisme de kayak et de parapente en présence des protagonistes des films.

Ski-Libre.com : Bonjour Cyril, pouvez-vous vous présenter et nous parler un peu de votre rapport à la Montagne et au ski ?

Je m’appelle Cyril SALOMON j’ai 27 ans et j’ai créé le festival « Montagne en Scène » il y a un an et demi avec Manon Grimwood et je suis un vrai passionné de montagne. J’ai un chalet familial dans le Beaufortin en Savoie, entre Hauteluce et les Saisies et donc je pratique beaucoup la montagne sous toutes ses formes et notamment beaucoup le ski de rando autour d’Arêches Beaufort. Je pratique un peu tous les sports de montagne avec de l’escalade en ville, j’ai fait également une expé en Himalaya où j’ai gravi le Cho Oyu (8201m) en 2011, je fais un peu d’alpinisme du côté de Chamonix et puis également un peu de canyonning. Ma plus grande passion reste le ski de rando et le ski de poudreuse que j’affectionne beaucoup dans le Beaufortin.

[Nota: Cyril tient plutôt bien sur les skis, la preuve en image sur cette vidéo au cours d’une randonnée dans le Beaufortin en 2011.]

Ski-Libre.com : Parlez nous du concept “Montagne en Scène”, qu’est-ce qui vous a mener à créer un tel évènement ?

L’idée était vraiment d’apporter la montagne en ville. J’étais un peu frustré qu’il n’y ait pas beaucoup de représentation de la montagne en ville. Il y a de nombreux salons dans le domaine nautique, on parle beaucoup des courses au large du type Vendée Globe ou Route du Rhum, ce sont tout de suite des évènements dont on parle beaucoup dans les médias et j’avais l’impression que l’on ne parlait de la montagne que lorsqu’il y avait des accidents et jamais pour en parler de manière positive. A partir de là on s’est dit qu’il y avait quelque chose à faire et on a d’abord rencontrer Yves Exbrayat, directeur des “Rencontres du cinéma de montagne de Grenoble”, qui nous a donné un super coup de main à nos débuts et nous a vraiment mis le pied à l’étrier pour se lancer.

Et on s’est dit qu’avec un tel succès sur une semaine à Grenoble, il n’y avait aucune raison que cela ne marche pas à Paris et on a donc lancé tout d’abord la « Nuit de la Montagne » au Grand Rex à Paris qui a été complète dès la première année avec 2500 personnes et puis on a décidé de décliner cela dans d’autres villes avec une tournée dans 8 villes de France, puis 11 et enfin 13 villes cette année.

Ski-Libre.com : Avez vous rencontrer des difficultés particulières à monter un tel projet en France ? Quelle a été la réaction lorsque vous avez commencé à initier ce projet ?

Un tel projet ne serait pas viable sans des partenaires, nous avons beaucoup de partenaires importants comme le Vieux Campeur, Patagonia, Les 3 Vallées, Scott  pour ne citer qu’eux. Ils nous suivent sur toute la tournée. Sans ces partenaires notre projet ne serait pas viable mais il est vrai qu’au début une de nos principales difficultés a pu être de les convaincre alors que nous n’étions qu’au stade de projet. Ensuite le fait que des réalisateurs nous aient fait confiance n’a pas été évident non plus mais ils ont joué le jeu. Tout s’est construit autour des rencontres que nous avons eu et la force de conviction rentre en jeu sur un tel projet.

Après quand on aime la montagne on aime les problèmes sinon on irait pas en montagne et du coup on aime se frotter à des difficultés et les surmonter pour les résoudre, c’est le boulot de tout entrepreneur.

Ski-Libre.com : Quel est le processus de sélection des films ?

On essaye d’en voir un maximum et à la fin Manon et moi choisissons les films. Nous essayons de construire une soirée qui a du sens avec cinq films que se répondent les uns des autres et qui ont une suite logique. On construit notre programme autour de cela en variant les sports et les émotions. Cela représente une quarantaine de films au sein desquels nous en gardons cinq.

Cyril sur scène avec Seb Montaz Rosset

Ski-Libre.com : Vous présentez des films déjà sortis et d’autres en avant-première, qu’est ce qui conditionne ces choix ?

Exactement, nous mixons les deux types. Les avants-premières peuvent être risquées car parfois nous ne voyons le film que la veille pour certains films. Cela nous est arrivé l’année dernière avec “Into the Mind” et nous avions été critiqué car le film n’avait pas fait l’unanimité. Au final cela peut être risqué vis à vis du public mais on assume nos choix. Nous essayons de mixer les deux types de films dès que l’on peut.

Ski-Libre.com : On remarque un renouveau dans le domaine des festivals avec plusieurs concepts qui apparaissent, souvent en lien avec les activités outdoor et de montagne (Banff Moutnain Film Festival World Tour, European Outdoor Film Tour). N’avez vous pas peur que les spectateurs s’y perdent un peu avec une offre qui se densifie ?

Oui on observe un certain nombre de nouveaux festivals, mais c’est normal car il y a un vrai engouement autour de la montagne et c’est un signal positif. Après chaque festival a sa propre personnalité, certains vont produire leurs propres films, cela permet de garantir une uniformité jusqu’au montage. A contrario, il y aura peut être un peu moins de singularité au sein de chaque film alors que typiquement « Montagne en Scène » part avec une diversité plus large en prenant les montages des réalisateurs tels quels et en essayant de construire un programme cohérent mais varié.

Pour l’instant nous ne nous battons pas pour avoir les mêmes partenaires donc de ce point de vue, cela montre aussi qu’il y a de la place pour plusieurs acteurs.

Ski-Libre.com : Nous avons un grand nombre de lecteurs francophones, pensez-vous un jour étendre ce festival dans d’autres villes hors de France comme Genève, Lausanne, Bruxelles, par exemple ?

Oui c’est certain, dès Avril 2015 nous allons programmer des soirées à l’étranger en Suisse et en Belgique (Genève, Lausanne et Bruxelles), c’est une réelle volonté de s’ouvrir hors de nos frontières.

Ski-Libre.com : Avez vous un message à faire passer pour les gens qui hésiteraient encore à se rendre au festival Montagne en Scène dans une de ces villes ?

J’ai juste envie de leur dire de venir voir tout simplement, de venir découvrir les films que l’on proposer. Je crois que nous proposons un programme qui ne plaît pas uniquement qu’aux purs passionnés, mais qui a pour objectif de plaire à tout le monde. Je suis souvent surpris d’entendre des spectateurs me dire qu’ils avaient été emaballé car ils étaient venus pour voir un sport en particulier et ils repartaient en ayant découvert une autre pratique et cela leur donnaient envie de se mettre à un autre sport.

Le programme de la “Summer Edition” de Montagne en Scène 2015 vient de paraître, toutes les dates sont disponibles sur ce lien.

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