Ortovox présente la Ravine Metawool 90, une doudoune d’isolation qui fait le pari audacieux d’abandonner les duvets traditionnels au profit d’une technologie 100% innovante. Au cœur de cette veste taillée pour le freeride : son isolation Metawool, un garnissage révolutionnaire qui mérite qu’on s’y attarde. Retour de terrain sur cette nouvelle doudoune Ortovox.
La Ravine Metawool 90 est composée à 80% de laine mérinos provenant de moutons allemands et à 20% de polylactide (une fibre biosourcée), cette isolation change radicalement la donne. Exit les problématiques classiques des duvets qui perdent leur pouvoir isolant à la moindre humidité, ou des synthétiques qui peinent à réguler la température corporelle. Selon Ortovox, la Metawool conjugue le meilleur des deux mondes : elle conserve ses propriétés thermiques même mouillée, sèche relativement vite, et offre une régulation de l’humidité corporelle assez impressionante.
L’ensemble de la veste s’inscrit d’ailleurs dans une démarche écoresponsable assumée. Le tissu extérieur comme la doublure sont constitués à 100% de polyamide recyclé, et Ortovox a banni les substances per- et polyfluorées (PFC) de sa composition. De quoi skier la conscience tranquille.

Construction et détails pratiques
Ce qui m’a frappé d’emblée avec la Ravine Metawool 90, c’est son style très minimaliste. L’isolation Metawool est cousue en grandes surfaces continues, notamment sur le dos et la face avant, ce qui élimine au maximum les ponts thermiques. Cette technique de matelassage, rendue possible par la structure même de la Metawool qui ne migre pas dans les compartiments, offre une isolation homogène sans zones froides.
Le tissu extérieur en polyamide recyclé affiche un toucher agréable et une résistance mécanique rassurante. Il coupe efficacement le vent – un vrai plus lors des descentes lors de journées froides ou des pauses au sommet quand le vent se lève. Les manches sont suffisamment longues pour ne pas remonter lors des mouvements dynamiques, et les poignets ainsi que l’ourlet bénéficient d’une finition élastique qui assure un bon maintien sans nécessiter de réglages, et qui permet de passer sur le manchon court d’un gant sans problème.
La fermeture éclair frontale à simple curseur glisse avec fluidité et se manipule facilement avec des gants. Elle est doublée d’un rabat intérieur de 1,5 cm qui empêche l’air froid de s’infiltrer. La capuche, qui n’est pas compatible avec un casque, reste bien en place grâce à son contour élastique. Une fois le zip fermé jusqu’en haut, elle épouse correctement le visage. Elle ne suit pas parfaitement les mouvements de la tête, mais combinée avec un masque en descente, elle remplit parfaitement son office.
Côté rangement, deux poches zippées de taille moyenne, dotées de rabats intérieurs, offrent suffisamment d’espace pour un smartphone ou une paire de gants légers mais guère plus. Avec un sac équipé d’une ceinture ventrale, l’accès devient tout de suite beaucoup plus limité. A noter toutefois que l’absence d’un poche pectorale et d’un rangement intérieur se fait sentir. Le style ultra minimaliste trouve rapidement ses limites selon moi et il aurait été intéressant d’avoir quelques poches en plus tout de même.

Sur le terrain : performance et polyvalence
Avec 500 grammes sur la balance en taille M, la Ravine Metawool 90 se positionne dans la catégorie des vestes d’isolation moyennement lourdes. Elle n’atteint pas le ratio poids/isolation des meilleures doudounes en duvet d’oie haut de gamme, mais ce n’est clairement pas là son terrain de jeu. Son gros atout, c’est sa robustesse et son insensibilité à l’humidité. Elle encaisse sans broncher les frottements avec le sac à dos, les contacts avec le cailloux ou les branches, là où une doudoune en duvet demanderait plus de précautions, ce qui est un gros plus.
Question performance thermique, la veste tient ses promesses, on a chaud avec et elle offre une excellente isolation, même par températures franchement négatives. Le tissu extérieur coupe-vent renforce cette sensation de protection. Sur le terrain, elle trouve naturellement sa place comme couche intermédiaire sous une hardshell lors des journées glaciales, ou comme veste extérieure pendant les pauses, les transitions et surtout les descentes.
Un point important à noter : cette veste n’est clairement pas conçue pour les montées soutenues pour ceux qui voudraient l’emmener en rando. Son isolation généreuse et son volume la rendent trop chaude dès que l’effort s’intensifie à la montée. En revanche, dès que le rythme ralentit ou que vous basculez en mode descente, elle devient votre parfait allié. C’est typiquement la veste que vous sortez du sac au sommet, ou que vous enfilez dans la poudreuse pour rester au chaud entre les runs.
La capacité de compression reste honorable pour une veste de ce poids, même si ce n’est pas son point fort. Elle se range facilement dans un sac de randonnée sans occuper un volume démesuré, un critère non négligeable quand chaque litre compte.

Verdict
La Ravine Metawool 90 s’impose comme une alternative sérieuse et durable aux doudounes traditionnelles. Ortovox signe là une veste d’isolation premium qui conjugue performance thermique, confort d’utilisation et démarche environnementale cohérente. La technologie Metawool tient ses promesses, la finition est bonne même si elle manque cruellement de poches selon moi, même pour un usage freeride. Mais la veste performe dans son usage : tenir chaud quand il le faut.
Elle trouvera son public chez les freeriders qui cherchent une isolation robuste et performante pour les descentes, les pauses en altitude et les journées froides en montagne. Le prix positionne certes ce modèle dans le haut de gamme, mais la qualité de fabrication et l’innovation justifient l’investissement pour qui privilégie la durabilité et les matériaux responsables.
Caractéristiques techniques :
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